L'histoire du naturisme: la seconde guerre mondiale


L'élection d'Adolf Hitler, en 1933, est suivie d'une série d'interdictions, notamment en ce qui concerne le naturisme, qu'il considère comme un des pires dangers qui menace la culture et la morale allemande.

Hermann Goering, déclare alors :

"Le naturisme supprime la pudeur naturelle de la femme et ôte à l'homme tout respect de la femme, portant de ce fait atteinte aux fondements de toute culture digne de ce nom."

Par un arrêté du 3 mars 1933, Goering interdit toute baignade et autres activités de plein air dans l'état de nudité sur le territoire allemand. La majorité des publications et des revues naturistes sont détruites. L'anti-naturisme des nazis est approuvé par le pape Pie XI.

La police nazie est chargée de faire la chasse aux naturistes dans le but d'anéantir leur mouvement et de confisquer leurs terrains. Plusieurs sont emprisonnés, déportés. Les organisations naturistes, surveillées de très près, essaient de continuer malgré tout dans la clandestinité. Les ligues de mouvements de jeunesse, telles que les Wandervogel, sont dissoutes et intégrées dans les jeunesses hitlériennes.

Hans Suren, nommé inspecteur de l'éducation physique à la direction du service du travail, apporte un nouveau concept : éducation physique différenciée selon les races, qui cadre complètement avec idéologie nazie. Auteur du livre Mensch und Sonne (L'homme et le soleil), particulièrement apprécié par Hitler, Suren prône un naturisme national, où le concept de race pure germanique est mis en valeur à travers l'exercice physique et la nudité. Celui-ci oblige ainsi chaque individu à entretenir son corps dans une optique eugénique.Le culte de la beauté commence.

Les nazis seront convaincus par le discours que quelques naturistes tels que Suren ont su adapter à leur idéologie. En 1935, certains terrains sont rendus aux naturistes, les autorisant à pratiquer le sport et les bains de soleil dans le plus simple appareil. Mais le prix à payer fut la soumission totale au régime nazi. Ainsi en adoptant les principes de sélection raciale, les naturistes firent ainsi, sans l'avoir voulu, la propagation des idéaux nazis.

Malgré tout ce n’est qu'en 1942 que le régime décide de légaliser le naturisme. La baignade nue est de nouveau permise : un nouveau décret est publié autorisant les naturistes à se dévêtir sur les plages ou au bord des lacs dans la mesure où ils sont certains ne pas être vus par autrui.

Après la Seconde Guerre mondiale, on assiste au renouveau de nombreuses associations naturistes. Elles rejetèrent très fortement les dérives imposées par le régime nazi, et firent par ailleurs évoluer leur projet de réforme culturelle et sociale vers une pratique du naturisme surtout réservée aux moments de loisirs et de détente.